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De plus en plus, on reconnait et met en avant l'importance de Nadia Boulanger (1887-1979) en tant que compositrice et pédagogue en plus d'avoir été une des rares femmes chef d'orchestre. De nombreux compositeurs ayant laissé leur nom dans l'histoire de la musique ont assisté à ses cours et suivi ses conseils pour trouver leur voie et leur épanouissement esthétique. Cet album lui rend hommage à travers un programme d'œuvres de compositeurs l'ayant côtoyée.
Si avec Igor Stravinsky c'est une histoire autant d'amitié que de collaboration musicale débutant dans les années 1920 et durant cinquante ans, les autres noms du programme ont suivi son enseignement à un moment ou à un autre. La Suite italienne (1932) "marque le début d'une réelle collaboration artistique où l'influence de Nadia Boulanger sur le compositeur est manifeste". Sa contribution à la création de l'école américaine de composition est importante. Après de nombreuses tournées aux États-Unis, elle est engagée à l'Université d'Harvard pendant six ans avant de revenir en France. Le programme donne un aperçu des compositeurs américains parmi les plus connus ayant suivi son enseignement. Elliott Carter (disciple d'Aaron Copland, lui-même disciple de Nadia Boulanger), Philip Glass, Quincy Jones et le sud-américain Astor Piazzolla. Michel Legrand fit partie de ses élèves et rencontra Quincy Jones lors de ses cours avec lequel il tissa de solides liens amicaux.
Elle contribua au développement musical de ces personnalités et marqua leur esprit par ses qualités de pédagogue sans pour autant imposer un style ou une esthétique qui lui serait propre. C'est ce que l'on peut constater à l'écoute de ce programme varié. Des fiers accents de tango argentin intégrant une écriture raffinée de Piazzolla dans Le Grand Tango (1982), du style néo-baroque de la Suite Italienne (1932) de Stravinsky, de la délicatesse mélodieuse et du lyrisme fougueux final des Trois pièces pour violoncelle et piano (1914) de Nadia Boulanger elle-même, des accents modernes de la Sonate pour violoncelle et piano (1948) d'Elliott Carter, de la mélancolie nocturne de la pièce Tissue n°7 du maître de la musique répétitive qu'est Philip Glass jusqu'au medley de thèmes célèbres de Michel Legrand arrangés de manière subtile et élégante et aux rythmiques populaires et enjouées de la Soul Bossa Nova (1962) de Quincy Jones, c'est un passionnant éventail de styles d'écritures traversant le XXème siècle qui s'offre à nous. Et dans ce programme, il ne faut pas oublier la participation de Daniel Barenboim au piano (7-9) qui fut lui aussi un élève de la très respectée "Dear Mademoiselle".
Paru le 6 novembre 2020 - Rayon Musique classique
Mode d'emploi de l'écoute : extraits de 30 secondes (titres en entier après inscription gratuite sur Spotify) :
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À ÉCOUTER :
ÉMISSION "L'INVITÉ DU JOUR" SUR FRANCE MUSIQUE (18/11/2020) :
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